Umbrella Tree _ Chapitre Troisième.
alinéa.Une fois que je fus dans cette salle, l'envie de retourner dans ma chambre me sauta à la gorge. Toutes ces personnes avaient l'air gravement atteint par leurs maladies respectives. Je me sentais presque usurpateur de ma place ici, c'est pour dire ! En y réfléchissant, j'étais chanceux dans mon malheur ; la greffe existait et je prenais un nouveau traitement. Deux choses auxquelles se raccrocher et qui servaient à espérer. J'vais encore des chances de m'en sortir, eux non. Pour la plupart.
-Mettez vous à cette table, me dit Mme Devirke. Et lisez ce texte avant de répondre aux questions en bas de feuille.- Elle m'indiqua ma place et me tendit les documents que j'avais à traiter puis elle retourna à son bureau. Je m'installa en face d'un garçon peut être un peu plus jeune que moi. Il n'avait plus aucuns cheveux ni de sourcils, et de grosses cernes s'étalaient sous ses yeux. Son teint était d'un blanc fantomatique. Il me fit un gentil sourire puis se remit à son travail. J'étais déboussolé.
Environ 1h30 après, Ryan entra dans la pièce pour déposer des papiers à Mme Devirke. Dès qu'ils le virent, la plupart des petits enfants lui sautèrent dessus. Il leur souria et les embrassa. Il était gentil avec tout le monde, et non pas qu'avec moi. Etant terriblement possessif, cela me fit un pincement au c½ur. J'aurais en fait aimé que pour une fois dans ma vie, je sois privilégié. Raté.
Il s'approcha de moi et s'installa un sourire aux lèvres. -Alors, ce premier cours ?- -Merdique, répondis je. Comme tous les autres.- -Le boulot est dure ?- -Non mais, je rêve d'un vrai lycée.- -Vous irez à la fac l'année prochaine.- -Si je vis encore ici, j'arrêterais carrément et passerai mon temps à faire de la guitare.- -Vous avez la vie devant vous pour faire de la guitare, concentrez vous sur vos études.- -Je n'ai pas une longue vie devant moi. Dans ma courte vie, la musique aura compter plus que tout. En fait pour moi, rien ne compte mis a part ça.- -Et l'amour, ça ne compterait pas ?- -L'amour pourquoi pas ? Mais l'amour avec qui ? Aucune fille ne regarde un gars comme moi, je suis tout le temps à bout de souffle et je suis hideux. Je n'ai aucuns charmes et rien de séduisant en moi.- -Oh, fit il, croyez moi vous êtes séduisant.- Je sentis mes joues rougirent. Il se leva, et avant de sortir serra amicalement mon épaule. Il sortit et je me remis à mes exercices. Après la littérature, les maths. Une heure après, je pu enfin retourner dans ma chambre.
A 18h, on m'apporta mon dîner. Je n'avais pas faim, je prit juste le cookie qu'on avait en dessert et feuilletait le magazine que j'avais acheté plus tôt dans la journée. Je lus environ deux fois le magazine, enfin jusqu'à ce que Ryan frappe à ma porte. Il avait rajouté une casquette, des mitaines et un foulard à son look de ce matin. Il avait l'air étrange, ça me plaisait. -Ah ah, quart d'heure guitare, dit il en enlevant ses mitaines.- -Je vous écoute avec plaisir, dis je.- Il prit ma guitare à jouer 'Come Together' des Beatles. Connaisant les paroles ; je m'essaya à chantonner. J'adorais ça. Ensuite il fit 'Hey Jude', je chantai encore un peu plus fort. Ryan me regardait en souriant. Il commença l'intro d'une troisième chanson mais alors que j'allais lui parler, je fut prit d'une violente quinte de toux Il s'arrêta et me fit boire une verre d'eau. Ensuite, il s'installa sur le fauteuil en face de mon lit. -Vous allez mieux ? demanda t-il.- -Oui, merci c'est passé. Vous jouez vraiment très bien.- -Votre voix est magnifique.- -J'aimerai pouvoir vraiment chanter.- -Je comprend, murmura t-il.- -Dites Ryan, quel âge avez-vous ?- -Bientôt 21. je suis seulement en 1° année.- -Nous avons presque le même âge.- -Presque en effet.- -Je pensais que peut être on pourrait se tutoyer ?... Ca vous dérangerait peut être mais comme on a pas mal de points communs et qu'on se voit plein dans une journée et euh... voilà quoi.- -Tu t'embrouilles là.- -Oui, j'avoue. Mais je suis content que tu ai compris le message.- Je lui fit un grand sourire et il éclata de rire. Il me regarda et prit le bouquin de Zola qu'il y avait sur ma table de nuit. Il le feuilleta pas mal, visiblement intéressé.
Il resta avec moi jusqu'à 21h. Sa compagnie me plaisait, on riait beaucoup et ma maladie n'avait pas l'air de le déranger. En plus de ça, nous avions beaucoup de goûts communs que ce soit en musique ou en arts en tous genres. Quand l'infirmière de garde le vira, je me sentis soudainement très seul. J'alluma la télé et m'endormis devant.
Le lendemain matin, je ne vis pas Ryan. Enfin, je dormis presque toute la matinée et allai en cours l'après-midi. Le nouveau traitement avait l'air de m'aider un peu, je n'étais plus essoufflé dès que je marchais un peu, c'était agréable.
A environ 17h, le médecin vint me chercher et m'emmena dans la salle d'échographie. Je du me mettre en sous-vêtements et m'allonger sur le fauteuil. J'eut beaucoup de mal à le faire tant je ne supportais pas mon corps. Il était tellement blanc et oui, très maigre. Je sentis le rouge me monter aux joues. -Nous vous inquiétez pas, dit le médecin, ce n'est rien.- -Oh, je ne suis pas inquiet, juste gêné.- Il souria et commença à mettre du gel sur mon torse. Soudain son bipeur sonna. Il le regarda et se leva rapidement. -J'ai une urgence. Désolé, je vous envoie quelqu'un d'autre !- Il sortit en courant de la salle.
Umbrella Tree _ Chapitre Quatrième.
alinéa.J'avais l'air con ; allongé sur le dos, en boxer avec du gel bleuté sur le torse. En plus, j'avais froid. J'attendis encore un peu et une personne entra. Comme de par hasard, il fallait que ce soit Ryan. -Pourquoi toi ?! Dis je.- -On me l'a proposé, je n'ai jamais fait d'échographie, je pourrais faire des progrès, dit il penaud.- -Ross, je ne vous sert qu'à faire des progrès.- -Non ! J'aime ta compagnie mais, je veut quand même finir médecin alors toute occasions à faire des progrès est bonnes, non ? Au fait, pourquoi tu es rouge comme ça ?- -S'il te plait, fait vite que je puisse ma rhabiller. Je n'aime pas que l'on me voit ainsi.- -D'accord, dit il en posant ses mains sur mon torse, je vais faire vite.- Il étala le gel, ses joues étaient rouges. Il semblait aussi mal à l'aise que moi. Il ne mit pas plus de trente minutes pour finir et me raccompagna dans ma chambre. -Tu rentres chez toi ce week-end ?- -Oui, j'ai tellement hâte !- Il baissa les yeux. -On ne se reverra que lundi alors.- -Pas demain ?- -Non, le vendredi je vais à la fac. Et tu ne seras pas là samedi.- -J'aime ta compagnie. Cette semaine à été bonne grâce à toi.- Il le va ses yeux vers les miens, il était encore tout rouge -Tu rougis vraiment pour rien. Dis je- Il baissa à nouveau les yeux et regarda ses pieds. Je ria un peu et lui serra l'épaule.
Il me laissa sur le pas de ma porte et partit en courant dans la chambre d'une petite fille qui l'appelait. Je m'affalai sur mon lit et mangeai du chocolat. C'était bizarre mais je pensais encore à Ryan, enfin plutôt à ses longs doigts de guitariste qui caressaient mon torse. Merde, à quoi je pense là ? J'alluma la télé et comme tous les soirs, m'endormis devant. Dans la nuit, une infirmière vint changer ma perfusion. Elle me fit tant mal que je ne pu me rendormir sur mon bras gauche.
Le lendemain, je me fis atrocement chier. Je me promena dans le parc le matin, allai en cours l'après-midi, lut et fit de la guitare le soir. Jamais personne ne venait me visiter. Au début, mes amis d'enfance ou de collège passaient me voir, mes grands-parents aussi venaient, ma s½ur et mon frère aussi, bref j'avais de la visite. Maintenant, plus personne ne venait. Personne sauf Ryan Ross. Mais il ne passait que parce qu'il était chargé de mon cas, en aucun cas il ne passait par sympathie envers moi. Je ne me leurrais pas là-dessus.
Je m'endormis quand même plutôt joyeux. Le lendemain était le réveillon de Noël. Je reverrais ma famille et l'occasion était bonne pour manger quelque chose de délicieux. De plus, ma cousine Jude devait nous présenter son fiancé.
Vers 12h le lendemain, j'étais sur le parking de l'hôpital avec mes parents. On était prêt à rentrer. Alors que mes parents entraient dans la voiture, je vis celle de Ryan arriver. Elle était petite et noire. Je cueillis une fleur dans le massif juste à coté de moi et allait vers lui alors qu'il raccrochai son téléphone. -Hey Brendon ! dit il.- -Salut Ryan. Tu vois, on se croise quand même aujourd'hui.- -J'ai cru que j'allais défaillir, dit il en me faisant un clin d'½il.- -Joyeux noël, dis je en lui tendant la fleur.- Il rougit et me serra dans ses bras. -Merci, chuchota t-il à mon oreille. C'est adorable. Ca me fait réellement plaisir.- -C'est rien tu sais. Ça me plait de faire plaisir. Et puis, c'est juste une fleur que je viens de piquer...- Il mit son index sur ma bouche et souria. -Ce qui compte c'est le cadeau, pas comment tu l'as eu.- -OK, je me tais.- -Attends moi là !- Il retourna à sa voiture et chercha un truc dans la boite à gants.
Environ 5minutes après, il revint et me tendit un livre de Samuel Beckett. -Joyeux Noël Brendon- Je lui souria et le prit aussi dans mes bras. Il sentait bon et les pointes de ses cheveux étaient humides. Il serra fort son étreinte contre mes hanches, mes parents klaxonnèrent. Je m'écartai de lui et le regardai dans les yeux. - A lundi, dis je.- -Il me tarde lundi, dit il. Passe un bon réveillon.- -Passe aussi un bon réveillon.- Il me fit un clin d'½il et je me mis en route jusqu'à la voiture. -Brendon ! cria t-il derrière- Je me retourna et le regarda, un sourcil interrogateur sur mon visage. -Tu es très séduisant sans perfusion.- Je sentis que je rougissais à nouveaux puis monta en voiture.
Mes parents avaient une expression pincée et ne dirent rien du voyage. Tant mieux, je pu me plonger dans la lecture de 'En attendant Godot'. Le livre était usé, il avait l'air d'avoir bien servit déjà. J'aimais l'odeur qu'il avait. Je lut le 1° chapitre durant le voyage. Peu de temps après, j'étais chez moi. Mon bonheur était immense. Je monta dans ma chambre et m'affala sur mon lit. Je posa la tête sur mon oreiller et mis en marche ma chaîne hi fi. Je reprit le livre et tomba sur la 1° page. Une jolie écriture fine et penchée y était. Je vous lis.
« J'ai toujours blâmé les gens qui détruisent les ½uvres des autres en se croyant apte à écrire sur leurs livres ; mais pour une fois je passe outre mes idéaux. Je me permets de défigurer Beckett pour te souhaiter un très bon Noël. Peut être que, lorsque tu seras vieux et que tu retrouveras ce livre mon souvenir te reviendra. Qui sait ? Encore bon Noël.
Avec toute ma tendresse, séduisant premier 'vrai' patient. Bises.Ryan. »